Premières lignes·Rendez-vous lecture

Premières lignes # 102 – Les bottes suédoises, d’Henning Mankell

Hello tout le monde,

Aujourd’hui, c’est dimanche, le jour de notre rendez-vous hebdomadaire « Premières lignes », qui a été initié par Ma Lecturothèque. J’ai choisi de vous présenter l’incipit d’un roman d’un auteur suédois que j’affectionne particulièrement, roman qui a rejoint ma PAL courant juillet. Il s’agit de « Les bottes suédoises » d’Henning Mankell.

Ma maison a brûlé par une nuit d’automne. C’était un dimanche. Le vent s’était levé dans l’après-midi et, le soir, l’anémomètre indiquait des rafales à plus de 70 km/h.

Un vent du nord, très froid pour la saison. En allant me coucher vers vingt-deux heures trente, j’ai pensé : Voici la première tempête de l’année.

Bientôt l’hiver. Une nuit, la glace commencerait son lent travail jusqu’à recouvrir entièrement la mer autour de mon île.

J’avais mis des chaussettes aux pieds en me couchant le soir. Le froid prenait ses quartiers.

Un mois auparavant, j’avais réparé tant bien que mal le toit de la maison. Un gros travail pour un seul homme, beaucoup de tuiles abîmées qu’il fallait desceller, enlever, remplacer. Mes mains, autrefois habituées aux interventions chirurgicales complexes, n’étaient pas faites pour cela.

Ture Jansson, l’ancien facteur de l’archipel, désormais à la retraite, a bien voulu aller chercher les nouvelles tuiles au port et me les apporter. Il a refusé que je le paie. Vu que je le soigne gratuitement depuis toujours sur le banc de mon ponton, il s’est peut-être dit qu’il me devait un service.

Pendant des années, je l’ai examiné pour une quantité innombrable de maux imaginaires. J’ai palpé son dos et ses bras, je suis allé chercher le stéthoscope que je garde suspendu à un crochet dans la remise, j’ai ausculté son cœur et ses poumons. Jamais, au cours de ma carrière de médecin, je n’ai rencontré quelqu’un qui soit tenaillé par une telle peur de la maladie alors qu’il se porte comme un charme. Jansson est un hypocondriaque professionnel. Pratiquement son deuxième métier.

Une fois, il s’est plaint d’avoir mal aux dents. Ce jour-là je l’ai envoyé paître. Je ne sais pas s’il est allé voir un dentiste. D’ailleurs, a-t-il jamais eu la moindre carie ? J’en doute. Peut-être s’était-il fait mal à force de grincer des dents dans son sommeil ?

La nuit de l’incendie, j’avais pris un somnifère comme d’habitude et je m’étais endormi rapidement.

Et vous, connaissez-vous Henning Mankell ? Avez-vous lu ce roman ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Si non, avec ces premières lignes, vous tente-t-il ?

Bon dimanche à vous, et à très vite !

K.

10 commentaires sur “Premières lignes # 102 – Les bottes suédoises, d’Henning Mankell

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