Premières lignes·Rendez-vous lecture

Premières lignes # 95 – Luna, de Serena Giuliano

Hello tout le monde,

Aujourd’hui, c’est dimanche, le jour de notre rendez-vous hebdomadaire « Premières lignes », qui a été initié par Ma Lecturothèque. J’ai choisi de vous présenter l’incipit de l’avant-dernier roman de Serena Giuliano, sorti en poche en mars dernier. Il s’agit de « Luna » .

Je n’étais pas rentrée à Naples depuis sept ans.

Un refus catégorique de remettre les pieds dans la merde.

Dès la descente de l’avion, je réalise combien cette ville ne m’a pas manqué. Je suis immédiatement agressée par le bruit, les Napolitains indisciplinés, au mieux beaucoup trop familiers, au pire carrément grossiers. Devant l’aéroport, deux hommes ont déjà tenté de me vendre des chaussettes.

Je suis là depuis trente secondes, je n’ai même pas encore eu le temps de me dégourdir les jambes, et des types veulent me vendre des chaussettes !

Je les rembarre d’un geste de la main et d’un regard noir. J’ai évidemment droit à un « Oh, là, là, susceptible la signorina ! » . Mais qui, en sortant d’un avion en plein mois de mai et sous vingt-cinq degrés, se dit « Tiens, il me faut absolument des chaussettes  » ? Changez de business, les mecs ! Au vu de ce qui m’attend, là, tout de suite, la seule chose dont j’ai besoin, c’est d’un shot de grappa.

Je grimpe dans le premier taxi de la file.

Ospedale del Mare, s’il vous plaît.

Je sais que c’est une erreur, mais je n’ai pas vraiment le choix. Il ne faut jamais dire à un Napolitain que tu dois te rendre à l’hôpital. Jamais ! …

L’homme doit avoir une soixantaine d’années. Il se retourne, l’air sincèrement inquiet, et finit par me questionner.

-Oh, mon Dieu, tu vas à l’hôpital, ma fille ? Tu es malade ? Quelqu’un de ta famille est malade ? Je suis désolé, je prierai le Seigneur pour toi, je prierai San Gennaro. Tu veux manger quelque chose ? On peut s’arrêter à la pâtisserie de ma femme, si tu veux ; c’est sur le chemin. Elle fait des sfogliatelle à tomber par terre. Tu guéris de tout, avec ça !

Le vouvoiement, ici, c’est comme la banquette arrière : on s’assied dessus.

Je mets fin à la conversation – enfin, au monologue, un peu fraîchement :

« Non merci. Veuillez démarrer, je suis pressée, allons-y !  »

Et vous, avez-vous lu ce roman ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Si non, vous tente-t-il ?

Bon dimanche à vous, et à très vite !

K.

11 commentaires sur “Premières lignes # 95 – Luna, de Serena Giuliano

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