Théâtre

John Doe, de Lucie Depauw

Cette pièce de théâtre de 64 pages a été publiée en février 2020 chez Espaces 34. Je l’ai reçu dans le cadre de la dernière masse critique Babelio et je vous donne ci-dessous mon avis.

Résumé de l’éditeur :

Un pavillon idéal, l’homme rentre du travail, la femme est proche du baby blues. Le retour est houleux et le lendemain à l’aube les gendarmes sonnent à la porte pour une perquisition. Dans ce couple au bord de l’épuisement, où le désir, l’intimité, l’affection, la parole, le rêve se sont effacés insidieusement, un évènement extérieur vient faire imploser la routine : l’homme, presque malgré lui, parce qu’il s’est trouvé confronté à un choix face aux fraudes fiscales organisées par le cabinet d’audit pour lequel il travaille, est devenu lanceur d’alerte sous le pseudonyme de John Doe.

Dans une chronologie bouleversée, se tisse un parallèle entre cette action d’un homme ordinaire, dernier rempart d’une éthique, et le questionnement tout en nuance de sa femme, quasi lanceuse d’alerte de son couple et de sa relation à son nouveau-né.

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Quelles dérives nos politiques sont-elles prêtes à accepter ? Jusqu’où s’étend la tolérance de nos démocraties ?

Mon avis :

J’avais demandé ce livre dans le cadre de la masse critique Babelio car le résumé m’intriguait. Intéressée par tout ce qui touche au baby blues, le dernier paragraphe du résumé, avec ces questions sociétales et politiques, m’a également convaincue de demander « John Doe » lors de la dernière masse critique. Je dois préciser que je n’avais pas lu de pièce de théâtre depuis le lycée (autrement dit, ça commence à dater !!).

J’ai lu deux fois cette pièce, avec plaisir et pour bien m’en imprégner. Ce texte rappelle qu’il n’est pas si facile que cela de devenir parents. Les dialogues sont drôles, notamment ceux de la femme au bord du baby blues voire du burnout parental. Le couple est épuisé et au bord de l’implosion. La femme passe la journée avec son bébé et espère du réconfort lorsque son homme rentre du travail ; l’homme, heureux d’avoir signé un CDI dans un cabinet d’audit, devient lanceur d’alerte mais, dans un premier temps, ne se confie pas à sa femme. Le dialogue entre les deux paraît rompu. Avec l’arrivée du bébé, le désir s’est estompé. Beaucoup de couples pourraient se retrouver dans ce duo – « elle » et « lui ».

La pièce fait également intervenir d’autres personnages, notamment un journaliste, un Big Boss, et une DRH. Plusieurs messages intéressants sont glissés dans la pièce, comme par exemple les inégalités salariales hommes/femmes, l’évasion fiscale des multinationales, le rôle de l’économie solidaire, le droit à la déconnexion.

Voilà un petit livre que je relirai avec plaisir, et pourquoi ne pas lire cette pièce à plusieurs voix. Je précise que « John Doe » a été lauréat du Prix des Ecrivains Associés du Théâtre en 2019 et que ce texte prévoit 8 rôles. Je remercie sincèrement Babelio et les éditions Espaces 34 pour cette belle découverte.

Pour vous donner une idée de l’ambiance de cette pièce, je vous laisse avec quelques citations :

Elle : « C’est pire que les quatre huit c’est pire que du taylorisme », en parlant de leur bébé.

Elle : « Je voudrais partir en voyage Quand je suis sur le paillasson j’ai l’impression de partir au bout du monde »

Lui : « Je devais le faire C’est comme quand … un super héros découvre son pouvoir Il n’a pas le choix Quand Peter Parker commence à fabriquer des toiles d’araignées Il sait que sa vie ne sera plus la même Personne ne le fera à sa place »

Note : 4 sur 5.

Et vous, aimez-vous les pièces de théâtre ? En lisez-vous régulièrement ? Quels auteurs contemporains de pièce connaissez-vous ?

Bon mercredi ! A très vite !!

K.

3 commentaires sur “John Doe, de Lucie Depauw

  1. Salut,
    Comme toi, depuis le lycée 😉 mais ce thème est intéressant.
    Je suis deux fois maman et je n’ai pas connu l’éternel questionnement que je lis souvent aujourd’hui.
    Par contre, les fraudes presque légales, la corruption…. Existaient déjà avant mes maternités et c’est seulement maintenant que ça atteint une ampleur vertigineuse que le sujet sort de l’ombre.
    Mieux vaut tard que jamais 😉
    Merci pour ce partage.
    A bientôt 😘

    J’aime

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